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LA POTERIE, POURQUOI ET COMMENT?

LA POTERIE

LA POTERIE

IMPORTANCE HISTORIQUE. LOCALISATION

En Côte d’Ivoire, comme partout en Afrique et même ailleurs dans le monde, la poterie est une activité artisanale qui remonte aux temps les plus reculés, sans doute à l’époque néolithique.

La poterie est essentiellement la fabrication de formes creuses, utilitaires, à partir d’argile des différentes couleurs, qui peuvent être recolorées et qui sont durcies par la cuisson.

La diversité des formes de poteries est très grande et dépend généralement de deux facteurs : l’utilisation visée et l’esthétique locale.

Mais les poteries, souvent cuites insuffisamment, sont fragiles et se conservent donc mal. Il existe peu de pièces très anciennes hormis quelques vases funéraires ou culturels de Krinjabo (Attié) au Musée d’Abidjan.

Partout en Afrique ce sont les femmes qui connaissent et pratiquent l’art de la terre cuite ; à l’origine, il semble que cette activité ait été réservée à une classe particulière (les femmes de forgerons, dans le nord surtout) sans doute à cause d’une certaine association mythologique de la terre et du feu. Aujourd’hui encore, cet artisanat subsiste malgré la concurrence des contenants fonte ou en émail, et quelques centres comme Katiola (Centre céramique de Katiola) et Ouassou font des efforts particuliers pour améliorer et moderniser leur technique.

LE MATERIAU.

La terre utilisée en poterie est de l’argile (ou terre glaise) brune, grise ou blanche.

L’argile est une roche sédimentaire tendre qui absorbe l’eau et devient ainsi élastique et imperméable. On la recueille souvent à proximité des marigots et cours d’eau ;ou encore au fond des puits.

Le sol ivoirien est riche d’une grande variété d’argiles accessibles à peu de profondeur. Les terrains argileux sont situés principalement au centre, au nord et à l’ouest, mais on trouve de petits gisements un peu partout.

L’argile extraite du sol demande une préparation : elle doit être débarrassée des éléments étrangers (brindilles, cailloux, feuilles, etc…), séchée, pilée finement en poudre, puis mélangée à l’eau ; on laisse séjourner la pâte malléable qu’on a obtenue à l’humidité, enveloppée dans des feuilles végétales ou du plastique, avant de l’utiliser.

On ajoute parfois un peu de sable très fin (silice) ou des débris d’anciennes poteries pilées à la glaise si elle est trop grasse (très lisse) cela permet de l’amaigrir et de la rendre plus résistante au séchage. On évite ainsi que les pots ne se fendent, car l’argile grasse se rétracte beaucoup.

LES OUTILS

Ils sont simples, rudimentaires.

L’outil premier est la main, qui creuse et modèle la forme, ajoute des morceaux de terre.

Traditionnellement, la potière utilise un support mobile (assiette, coupe de bois, morceau de poterie)comme un tour manuel qui lui permet d’orienter sa pièce. Quelques accessoires permettent de creuser (anneau de fer plat), gratter (coques de graines, lame de métal), polir (chiffon ou galet), décorer (coquillages, bâtonnets, râpe de maïs, tresse d’herbes qui laissent des empreintes décoratives).

LE MONTAGE

Le montage d’un pot se fait par modelage d’une motte d’argile bien tassée sur le support tournant. La potière y enfonce d’abord son poing, en élargissant la forme. Le surplus de terre est enlevé à l’intérieur avec les doigts.

Les parois sont montées en rajoutant de l’argile par petites mottes soudées tout autour avec les doigts ou par colombins (cylindres de terre) roulées entre les paumes, et soudés de la même manière.

La forme est donnée parla main droite qui suit le montage tandis que la main gauche fait tourner doucement le support, ou maintient la paroi à l’intérieur.

En raclant la terre, on donne à la poterie sa forme définitive :

Le volume intérieur est élargi en amincissant la paroi au moyen du bracelet de fer ou de coques sèches.

La partie supérieure est rétrécie en raclant la paroi extérieure avec une lamelle de bois, pendant que la main gauche soutient la paroi intérieure.

Si le pot comporte un col, il est monté en étirant la paroi avec un chiffon (ou une feuille) tenu entre les deux doigts de la main droite pendant que la main gauche fait tourner le support.

LE POLISSAGE

L’ouverture du pot est régularisée et arrondie à l’aide d’un tissu humide tenu entre les doigts et que l’on fait glisser tout autour du bord – à cheval sur le bord.

L’extérieur du pot est lissé à l’aide d’un chiffon humide ou d’un galet, passé sur la paroi tandis que l’autre main fait tourner le pot.

LA DÉCORATION

Le pot séparé de son support, après un séchage d’un ou deux jours, est décoré la plupart du temps par des incisions : lignes ou points faits avec des objets durs, des empreintes : cordes ou râpes de maïs, ou plus rarement par des motifs ajoutés en épaisseur par modelages : animaux, têtes humaines (ces motifs étaient jadis réservés aux poteries rituelles).

La couleur des poteries est due aux différentes argiles : brune –rouge au Nord, noire à paillettes brillantes en pays Baoulé. Au centre (Séguéla, Katiola, Dabakala) on utilise parfois un engobe fait de terre de termitière ou une décoction de feuilles pour faire des surfaces de couleurs différentes.

La couleur de base est aussi, souvent, foncée par trempage ou aspersion d’une eau de macération de feuilles et d’écorces juste après cuisson.

LE SÉCHAGE

Il se fait au soleil dans certaines régions, pendant 3 à 6 jours selon le temps, à l’ombre des cases dans d’autres régions.

Les pots sont généralement laissés sur leur support pendant les deux premiers jours. Ils sont ensuite séparés du support, le fond est régularisé et ils sont alignés les uns à côté des autres, soit debout, ouverture tournée vers le bas, soit couchées, posés à même le sol ou sur des nattes.

Ce séchage est complété par un séjour sur un petit foyer.

LA CUISSON

Elle se fait à feu ouvert.

Dans certaines régions d’Afrique, on utilise une fosse creusée dans le sol et dont les bords surélevés par des murets en terre laissent passer des courants d’air par des canaux qui y sont pratiqués.

En Côte d’Ivoire, la cuisson a lieu certains jours précis, dans un lieu situé hors du village.

Le combustible comprend de la balle de riz, des cosses de maïs et des nervures de palmes, utilisées dans cet ordre à partir  du sol, où sont disposées les poteries, empilées de manière à laisser des colonnes d’aération qui attisent le feu. Le feu est entretenu tout au long de la journée.

Le soir, on retire les poteries du feu à l’aide de bâtons. Dans le Centre, les femmes frappent la poterie encore chaude avec des branchages trempés dans un jus d’écorces ou de feuilles, ce qui crée une patine brun foncée et brillante sur la paroi extérieure.

Parfois, les femmes cuisent un petit nombre de poteries, chacune pour son compte. Le feu ne dure alors qu’une heure ou deux.

Depuis quelques années existent des fours fermés à Katiola ou à Ouassou par exemple, où la température monte plus et cuit plus fortement les poteries.

Plus les poteries sont cuites, plus elles sont résistantes. Elles peuvent ainsi être transportées plus facilement pour être vendues hors de la région de fabrication.

 Source : L’ARTISANAT, Ecole et Développement, Arts et Culture. Ed NEA.

6 commentaires

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